Rappelons que durant des siècles, le cheval de trait
ardennais a accompagné l’homme et ses aptitudes
se sont moulées à nos besoins. De cheval de
selle ou de trait léger, il est devenu cheval lourd
indispensable au travaux agricoles avant que la mécanisation
ne signe dramatiquement son déclin. L’effectif
de la race en Belgique est aujourd’hui d’environ
1600 individus. Mais le cheval ardennais de souche belge
est également représenté dans plusieurs
pays comme la Suède (avec près de 5000 individus),
la France (250 étalons), le Luxembourg, l’Allemagne,
la Pologne, la Hongrie, les Etats-Unis, la Russie… L’avenir
de la race passe par une utilisation accrue de ce merveilleux
cheval qui emmène dans son sillage tradition et connaissance.
Malheureusement,
les races lourdes connaissent chez certains individus
une dégénérescence ostéo-articulaire
au niveau de l’extrémité des membres.
Et ces problèmes apparaissent tôt durant la
croissance des poulains, compromettant ainsi leur avenir
en tant que chevaux de sport. L’idée de reconvertir
le cheval Ardennais dans les loisirs et le sport a, depuis
quelques années, suivi son chemin. C’est dans
cette optique d’avenir que s’inscrit le travail
scientifique mené conjointement à Mont-le-Soie
et à la faculté de médecine vétérinaire
de Liège : mettre en évidence les facteurs
de risque, tant environnementaux que morphologiques associés
au phénomène articulaire dégénératif.
Le but commun des éleveurs, de notre équipe
et du monde agricole en général est la production à moyen
terme d’un cheval apte aux loisirs et au travail pour
lui assurer un avenir conforme aux qualités intrinsèques
de ce témoin majeur de notre patrimoine régional. Grâce à une
excellente collaboration avec les éleveurs et le stud-book
du cheval de trait ardennais, des recherches sont donc menées
pour découvrir les causes d’apparition de l’arthrose
afin de pouvoir y remédier et proposer aux futurs
utilisateurs du cheval ardennais un cheval de qualité.
Ainsi, 32 poulains
nés en 2000 (représentant
10% de l’effectif total de Belgique) sont hébergés à Mont-le-Soie
et font l’objet d’un suivi scientifique rigoureux
depuis le sevrage jusqu’à l’âge
adulte. Ils sont placés en station, dans des conditions
standardisées et seront comparés à des
poulains témoins restés dans les élevages.
Leur croissance est suivie régulièrement afin
de dépister au mieux l’apparition de différentes
formes d’arthrose. Il est essentiel de s’intéresser à ce
phénomène qui risque d’entraîner
une réforme prématurée et provoquer
un désintéressement des utilisateurs du cheval
de trait vis-à-vis de la race.
Les promoteurs de ces recherches sont le professeur Didier
Serteyn, chef du service de Chirurgie et d’Anesthésiologie
des grands animaux de la faculté de médecine
vétérinaire de Liège, et le doyen de
la faculté de médecine vétérinaire
Pascal Leroy. Les subsides émanent du Ministère
wallon de l'agriculture et de la ruralité.
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Etalon
de 4 ans présentant des lésions
sévères d'ostéoarthrose
interphalangienne distale et des enthésiophytes
importants sur le bord dorsal de la phalange
moyenne.
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Poulain
de 8 mois et 1/2 présentant des lésions
débutantes d'ostéoarthrose interphalangienne
distale
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